jeudi 20 mai 2010

Sur la pratique du dialogue socratique

Lart du questionnement.
Par Lucie Antoniol, coach socratique. www.dialogism.org
Une des caractéristiques du dialogue socratique, tel quil est pratiqué aux Pays-Bas et en Flandres, est de prendre pour point de départ des questions de second ordre, cest à dire des questions qui se discutent. Ce sont des questions auxquelles il ny a pas de « bonnes réponses » qui reposeraient sur laccès à des connaissances, à des définitions ou à des traits psychologiques individuels.
Par exemple Quest-ce qui est drôle plutôt que Quest-ce que je trouve drôle?
Quest-ce quun bon manager? plutôt que Quest-ce quun manager?
Comment peut-on grandir dans une fonction? plutôt que Combien dannées dexpérience faut-il en moyenne pour quune personne puisse se sentir bien dans une fonction?
Considérez les questions suivantes :
Quand part le prochain train pour Bruxelles ?
Combien pèse cette personne ?
Quelle est la capitale de lEspagne ?
Ces questions sont toutes des demandes dinformation. Elles posent toutes un problème pour lequel il existe une solution, leur réponse est vérifiable. Nous pouvons facilement et objectivement séparer les bonnes réponses, les réponses correctes, des réponses incorrectes.
Ce sont des questions du premier ordre.
Comparez maintenant avec les questions suivantes :
- Quelle est lutilité de cette formation ?
- Est-il important dapprendre ?
- Pourquoi les pays ont-ils une capitale ?
Ces questions ne sont pas résolues dès que lon y apporte une réponse possible. Sur la manière dy répondre les opinions divergent. Les réponses sont plutôt « subjectives », parce quelles sont des opinions plutôt que des faits ou des informations. Est-ce que cela veut dire quelles ne peuvent pas être adressées et discutées ? Pas du tout. Ce que ces questions ont de particulier, cest quau lieu de simplement leur trouver une réponse, nous devenons responsables de la réponse que nous leur donnons : nous devons justifier nos opinions.
En effet, si quelquun répond à la première question : « Aucune », nous pouvons toujours le presser de nous expliquer sa réponse « Et quest-ce qui te fait croire cela ? » ou bien « Et quelle serait une formation vraiment utile, selon toi ? » ou bien « En quoi est-ce important pour une formation d’être utile? ». Toute réponse doit être soutenue par des raisons, ces raisons par dautres raisons, plus profondes, et ces raisons profondes par des valeurs et des principes. Il est toujours intéressant de les connaître et de les rendre plus explicites.
Examinez finalement ces dernières questions :
- Quand vaut-il mieux se taire que de parler ?
- Faut-il répondre tout de suite à une question ?
- Quand est-ce quune question est absurde ?
- Quest ce que les mots apportent de plus ?
Ce sont des questions du troisième ordre. Comme dans le cas des questions de deuxième ordre, les opinions divergent quant à la réponse à apporter. En plus, ces questions nous permettent de nous confronter à nous-mêmes. Elles nous font réfléchir à ce qui se passe quand nous y répondons.
Par exemple, si je réponds à la dernière question ? « Rien du tout ! », jutilise trois mots pour dire que les mots napportent rien. Jai donc quelque chose à expliquer : mes mots sont en contradiction avec mes actions ! Ce genre de question a donc une dimension existentielle. Elle nous confronte en direct, ici et maintenant, avec nos réactions et avec ce que nous faisons.
Pour le questionneur, presser plus loin celui qui répond ainsi à une telle question demande un certain courage, de part et dautre. Le courage de prendre de la distance par rapport à soi-même et à ses opinions. Ce genre d’échange ne survient quentre des participants qui ont une certaine familiarité avec le dialogue socratique. Quand un cadre de confiance a eu le temps de s’établir, la réaction à des tels découvertes est le plus souvent le rire. Sans un tel cadre et sans l'habitude d'une prise de distance entre soi (son ego) et sa pensée, cette mise à jour de nos incohérences pourrait provoquer de la colère, de la honte ou d'autres émotions désagréables.
Le dialogue socratique est donc une activité éminemment éthique. Autrement dit, dans les termes du philosophe américain Jacob Needleman, « penser ensemble est un travail d'amour ».
La méthode socratique :
La démarche dun dialogue socratique commence toujours à partir des expériences et des questions proposées par les participants. Deux possibilités soffrent à ce point.
Soit chaque participant relate une expérience récente, mais terminée, des événements et faits réels dans lesquelles il a été personnellement impliqué, et formule une question de second ordre qui montre en quoi cette expérience est intéressante pour tous les autres participants.
Le groupe choisit ensuite la meilleure question à examiner en commun.
Soit une question dintérêt commun (ou une question issue de dialogues précédents) est proposée davance et chaque participant relate une expérience personnelle qui, selon lui, illustre cette question.
Le groupe choisit ensuite lexpérience la plus parlante parmi celles qui ont été apportées.
Le contenu des dialogues reste entièrement libre. Lanimateur se borne à faire respecter les règles du jeu et à relancer le processus par des questions, au cas où la conversation viendrait à senliser ou risquerait de dérailler vers un débat ou un monologue.
Les règles du dialogue socratique restent simples :
1) Dis ce que tu as à dire: dis ce que tu penses, exprime tes opinions.
2) Sois concret: relate des faits, des événements, utilise des métaphores qui parlent à limagination. Evite les concepts abstraits et lintellectualisme.
3) Participe à une conversation commune: contribue à la construction commune dune portion de la réalité, explore le point de vue des autres. Dialoguer nest ni monopoliser la parole ni chercher à avoir raison.
Les grandes difficultés du dialogue socratique sont l’écoute mutuelle et la lenteur de la progression. Une promenade en forêt, avec un enfant de trois ans qui s'intéresse à chaque caillou, regarde sous les champignons ou observe à loisir l'agitation d'une fourmilière, peut être source de frustration pour l'adulte habitué à progresser rapidement et de façon efficace vers sa destination. De même, l'élucidation de chaque mot-clé, l'observation des mouvements argumentatifs, les divers détours de pensée, peuvent se révéler une source de frustration intense, d'impatience, qui n'est peut-être compensée que par la surprise d'une découverte ou la créativité qui naît d'une exploration minutieuse du terrain. .
Lexpérience de départ choisie par le groupe fera lobjet dune description détaillée par le participant dont cest la contribution. Les autres participants auront à ce moment là loccasion de lui poser toutes les questions de clarification nécessaires, afin que cette expérience vive dans l'imagination de chacun et soit aussi limpide quune vidéo des événements, sans chercher à les interpréter.
Ensuite chacun aura loccasion dexprimer des opinions, de formuler des hypothèses en réponse à la question de départ.
L’étape suivante sera dexaminer la valeur de ces opinions et de ces hypothèses explicatives en fournissant des arguments à lappuis ou en défaveur de ces opinions.
Lidéal est que le groupe fonctionne par consensus lorsquil sagit de décider quelles allées de recherche vont être explorées et dans quel ordre. Eventuellement, lanimateur peut procéder à un vote pour accélérer un peu les choix.
A tout moment peuvent surgir des questions du troisième ordre Que sommes nous en train de faire ici et maintenant? quand surgissent des réflexions du niveau supérieur par rapport au dialogue lui-même. On peut faire des parenthèses de méta-dialogue.
En effet, dune question de 1er ordre Quest-ce quune relation daffaire?, on peut toujours extraire et formuler une question de 2ème ordre Quest-ce quune bonne relation daffaire? et une question du 3ème ordre Ce que nous entretenons, ici, est-ce une bonne relation daffaire?
Chaque étape est écrite par l'animateur ou un assistant, sur un tableau ou un bloc de feuilles, afin de garder une trace de la progression du dialogue.
Quelle est la valeur ajoutée dun dialogue socratique?
Lentraînement à l’écoute mutuelle. Loccasion d’être enfin entendu.
La pratique de la pensée créative consciente et de la conscience en éveil.
La consolidation de cette pratique créative et cette attitude d’éveil.
Un moment privilégié de mise en commun authentique, dexistence partagée.
Un moment de contre-pied de la culture ambiante : s'il n'y a pas de bonne réponse, il ny a pas derreur, il ny a pas dexigence de résultat.
Cette démarche présuppose que le sens se construit en commun.
La pens
ée ne se développe bien quen public : au contact et à l’épreuve de lintersubjectivité.
La pratique du dialogue socratique est donc un instrument id
éal pour souder une équipe, ou pour améliorer lefficacité et lutilité des réunions.
En tant que formation, un atelier participatif au contenu libre est plus approprié à lapprentissage des adultes quun atelier de type didactique « transmission d'information ». Ladulte se souvient bien mieux de ce quil a fait et de ce quil a éprouvé que des informations qui lui ont été communiquées.
Idéalement chaque groupe de participants devrait se réunir deux fois à deux semaines dintervalle, afin d’éprouver ainsi les changements de perspective et dattitude induits dans leur vie quotidienne par lapprentissage du dialogue socratique.
Pour lanimateur, le lâcher-prise sur le contenu et les résultats de latelier est un défit majeur. La motivation des participants est difficile à prévoir et échappe à toute manipulation. Si le participant à un dialogue se sent motivé, cest lui qui détermine vers quoi, et à quoi il veut sengager.
Lhypothèse quune pensée libre engendre une action libre et un engagement authentique devrait, à travers la pratique à long terme du dialogue socratique, être mise à l’épreuve de lexpérience pratique.
Jambes, 15 décembre 2009.
Brève bibliographie.
Eugénie Végléris, Mon expérience de la consultation philosophique en entreprise, dans Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, n° 34, 2007.
Eugénie Végléris, Un accélérateur de maturation: la « formation » philosophique, dans Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, n° 40, 2009.
Oscar Benifier, Genèse dun colloque: la diversité des pratiques philosophiques, dans Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, n° 31, 2006.
Gilberto Castorini, Colloque sur « le Dialogue Socratique » (Bruxelles, 29 et 30 octobre 1999), dans Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, n° 6, 2000.
Kristof Van Rossem, What is a socratic dialogue?, dans Filosofie, 1, 2006, p. 48-51.
Kristof Van Rossem et Hans Bolten, La vie approfondie: à propos du dialogue socratique, dans Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, n° 39, 2009.

mardi 18 mai 2010

Comment gérer le doute?

1) Accueillir le doute.
2) Accepter les conséquences d'un échec.
Accepter les conséquences d'une réussite.
3) Passer à l'action. Expérimenter. Tester.
4) Vérifier, et puis ré-agir, ré-ajuster.

Qu'en pensez-vous?

lundi 17 mai 2010

L'histoire d'un squat à Liège

La chauve souris ( centre social occupé)

www.chauvesouris.collectifs.net

avec une video édifiante des premiers jours

Avis aux cinéastes : à quand le film?

Diario Freddo - Lundi 14 octobre 1985

Si, quelquefois.

Nous viendrions par le même train, mais sans nous être rencontrés. Je serais avec un ami, monté à la même gare que moi. Un de ces vieux copains précieux qui m'aimerait avec tendresse, que j'aimerais avec la tendresse d'une soeur, faute de ne pouvoir le posséder un peu plus. Nous aurions parlé de choses et d'autres pendant le trajet, et il m'aurait vue passer de l'inquiétude à l'énervement, de l'énervement à l'excitation, à moins qu'il n'ait réussi à me distraire complètement en m'entretenant d'un problème grave. Mais ainsi, je serais au moins aussi énervée, alors que le train s'arrêterait et que je devrais débarquer sans m'être préparée à une nouvelle rencontre avec toi. Une irruption dans nos vies.

Mon ami se douterait que quelque chose serait en train de lui échapper, mais il ne s'attendrait à rien de précis. Il me verrait scruter les quais, dévisager les voyageurs: « Haben Sie ihn gesehen? ». Et au moment où ne te reconnaissant pas dans la foule, je renoncerais à comprendre, où je me résignerais à suivre le mouvement de la foule vers la sortie, une main toucherait mon épaule et un petit rire accueillerait mon visage surpris: tu m'aurais trouvée le premier.

Ma surprise ferait place à une joie sans mélange. Et mon ami pourrait voir un petit bout de femme quitter le sol, sauter au cou d'un géant, avec un long cri de guerre. Il se demanderait un instant s'il était le témoin d'une agression ou bien de retrouvailles un peu vives. Comment pourrait-il savoir que ce serait pour moi comme une rencontre improvisée avec celui qui m'aurait une fois sauvé la vie?

La conscience du lieu et du moment me reviendrait tout à coup à l'esprit et me ferait rougir de honte, ce qui ajouterait un charme nouveau à mon visage d'habitude trop pâle. Je procèderais enfin aux inévitables présentations et nous sortirions tous les trois de la gare en babillant.

« Fidelity to what? Loyalty to whom? ». Connaissant ma situation de femme mariée, mère de deux enfants, et mes sentiments passionnés pour leur père, mon ami se demanderait quelle attitude adopter. Il serait partagé entre une désapprobation morale, jouant à son insu, sur une gamme mineure, le rôle du mari, et une admiration muette pour mon audace et pour mon imprévisibilité. Me dirait-il encore que chacune de nos rencontres est pour lui une surprise renouvelée? Je lui glisserais quelques regards enjoués de petite soeur espiègle et ravie. Et entre temps, tu aurais pris ma main avec la discrétion qui est la tienne.

Nous serions en route pour une soirée d'anciens copains, organisée par une amie qui nous accueillerait avec son sourire de concierge, sans oublier de s'enquérir des éternels mêmes. « Et comment vont Monsieur... et les enfants...? »

La fête serait fade et conventionnelle. J'aurais gardé cette innocente candeur qui me ferait considérer comme naturel ce qu'ils considèreraient comme un curieux anticonformisme. Et en retour, nous nous étonnerions de les voir si longtemps vivre sous l'eau, dans un étrange oubli de l'air. J'aimerais toujours pour ma part laisser flotter mes cheveux et mes pensées. Et dans mes jupes, chaque rafale de vent serait comme autant de caresses sur mes jambes.

Nous serions dans une villa au bord de la mer, en Belgique. Et contrairement à tout ce qu'ils imagineraient – tragédie ou vaudeville – il ne se passerait rien du tout entre toi et moi. Les yeux suffiraient aux yeux et aucun geste ne serait donné en pâture à leurs regards.

Lou Schibronsky

mercredi 12 mai 2010

Diario Freddo - Lundi 11 novembre 1985

Le lit.

Une deux chevaux verte roule à tombeau ouvert en direction de l’hôpital de la citadelle.

La chambre sombre, aux fenêtres closes a déjà pris un aspect funèbre. Fabienne est malade, alitée depuis des mois, elle n’en a plus pour longtemps. Elle le sait.

Elle n’est pas sereine. Elle ne mourra pas dignement. Elle se plaint. Elle n’écoute pas ceux qui viennent la voir, tristes de cette séparation imminente. Elle est puérile, égocentrique. Elle leur reproche d’être en bonne santé. Parfois, elle innonde les sourires timides de ses visiteurs d’une pluie d’injures. Elle ne décolère pas de se voir réduite à l’état de chiffon douloureux, d’être vue avec ce visage dévasté, sous cette perruque ridicule : elle a perdu tout ses cheveux.

Elle est trop jeune pour mourir. « Ca n’arrive qu’aux autres, ça ne devait pas m’arriver ! » Questionnant la maladie : « Pourquoi moi et pas les autres ? ». Questionnant le bonheur : « Pourquoi les autres et pas moi ? ». Elle s’acharne à ne pas accepter cette mort trop prochaine. C’est contre elle qu’elle se bat. C’est elle qu’elle chasse de sa chambre, lorsqu’elle refuse les visites.

Pierre Abbé, son mari, vient la voir tous les jours. Il est le seul qui reste là, même quand elle renvoie tout le monde, quand elle pleure longuement, quand elle se cache sous les draps, quand elle refuse de se laisser consoler, quand elle repousse ses caresses. Elle lui reproche d’être toujours là, d’être si fidèle, de faire semblant de la trouver belle, encore. Elle voudrait que toutes les femmes meurent avec elle pour qu’il ne puisse jamais l’oublier. Elle lui reproche ne n’avoir pas voulu d’enfant qui lui aurait fait penser à elle.

Il se tait. Il sait qu’il l’aime encore. Que quelque chose d’important se passe. Qu’il ne faut pas parler à tort et à travers. Il l’aime au delà des mots, des promesses, des serments, des injures et des querelles d’amoureux. Il se tait toujours. Depuis qu’il sait qu’elle va mourir, il se tait. Il n’a plus le goût de parler. Il voudrait seulement s’asseoir près d’elle, la caresser, la regarder dans les yeux et, avec tout ce qu’il lui reste de tendresse, prononcer ces trois mots : « Adieu, mon amour ». Et qu’ils se donnent la main au moment où elle fermerait les yeux, où elle laisserait échapper un dernier soupir, où elle entrerait dans un repos éternel.

Elle s’agite sans arrêt, elle souffre, elle geint, elle lance des regards furieux de tous côtés. Elle ne parle plus que pour lancer ses flèches. « Tu n’es pas rasé ! Tes cheveux sont sales ! » Il voudrait répondre : « Mon amour, tu vas mourir et tu t’intéresses à mes cheveux ! Nous allons être séparés pour toujours et tu ne crois pas encore en moi ! », mais il n’ose pas. Elle n’écouterait pas. Il se sent comme muselé. Elle a muselé, fisselé, ligoté sa passion. Elle veut dévorer leur amour jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Elle veut tout détruire avant de sortir de scène. Elle voudrait que le monde s’arrête, quand le monde sera fini pour elle.

Au moins, au début, avant, ils se parlaient encore. Elle lisait. Elle faisait des mots croisés. - « Adepte de l’Islam, en huit lettres. On dit musulman ou mahométan ? »

- « En huit lettres ? alors, c’est musulman. »

Maintenant, elle n’arrête plus de l’injurier. Il ne compte plus les outrages. Un jour, c’est son pull marin, blanc à raies blues, qu’elle ne veut plus voir : il lui rapelle la mer. Un autre jour, elle veut qu’il jette toutes les fleurs : elle lui font penser au jardin, à la campagne. Elle est capricieuse. Elle est révoltée.

Il souhaiterait qu’elle s’éteigne paisiblement, en adulte : qu’elle voie cette mort comme le terme de ses souffrances. Et cependant, il n’est pas étonné de l’entendre hurler comme un nouveau-né. Elle n’a pas aimé la vie, elle n’aimera pas la mort non plus. Elle meurt en colère, comme si elle chiffonnait le papier d’un dessin raté et le jettait par terre. Elle meurt en hurlant, en pleurant, en gémissant, en se taisant pour toujours.

Pierre a attendu en vain des paroles de réconciliation, un aveu d’amour qui les aiderait à vaincre le moment de la fin, un dernier adieu. Le cauchemar de sa femme se termine. Le sien ne fait que commencer. Il est seul. Après un moment de flottement, d’indécision , il quitte la chambre. Pierre Abbé est compositeur dans une imprimerie. C’est lui qui compose les lignes et les pages de caractères. Voilà une page termnée.

Bientôt, il devra se lever à six heures. Aller travailler. Continuer. Seul.

Lou Schibronsky

Liège, le 11 novembre 1985

lundi 3 mai 2010

Socratique ? le coaching, quesquecéça?

Hier, une amie me demandait : " Qu'est-ce que je dois comprendre par coaching "socratique"? C'est du coaching conduit par un(e) philosophe, suivant la méthode de Socrate, c'est à dire que là où un coach utilise des outils prêts-à porter ( grilles de lectures, typologies, schémas ), l'accoucheuse d'idée commence par façonner un outil propre à son client, afin de structurer sa réalité à partir de ses concepts de bases : c'est du sur mesure, de la haute couture, en fin de compte. Et c'est avec les meilleurs outils, les plus adaptés à l'artisan et à la matière, qu'on fait du bon travail.
Mon objectif , c'est d'aider ma cliente à développer ses propres outils: sa grille de lecture du monde tel qu'elle l'a trouvé.
Le coach socratique se spécialise dans les questions existentielles : recherche de sens, doutes éthiques et art de vivre.

jeudi 7 janvier 2010

Voulez-vous lire ?

Voulez-vous lire un nouveau roman sur ce blog?

Un chapitre par semaine? par mois?

Envoyez-moi vos réponses sur lucie.antoniol@gmail.com

A bientôt !

mardi 8 décembre 2009

un site à visiter

Partez découvrir les poumons de la terre...
Elevez-vous ...retrouvez vos souvenirs d'enfance et vos instincts primaires...
Osez l'inédit et vivez l'authentique au coeur de la forêt ardennaise...
....Devenez Dendronautes


http://dendronautes.com/

vendredi 24 avril 2009

Réseau Sud Coaching - rencontre du printemps

La prochaine rencontre du réseau Sud Coaching, réunissant les acteurs du bien-être exercant au sud des villes principales de Wallonie, aura lieu le dimanche 24 mai à 11 heures, à Nadrin.

Je vous propose de (re)découvrir le site naturel du Hérou au cours d'une ballade + pique-nique.
Nos partenaires et enfants seront les bienvenus à cette rencontre promenade.
Ammenez votre pique-nique.
Pour terminer, nous pourrons prendre un verre à la terasse des Cinq Ourthes, l'après-midi.
Pour rappel, la raison d' être du réseautage est de patager des informations, de combattre l'isolement et de créer des liens professionnels.

Dans l'espoir de vous voir nombreux et de rencontrer de nouveaux membres du réseau,je vous envoie mes salutations cordiales,

Lucie Antoniol

Inscription gratuite mais nécessaire pour l'organisation de la journée.

mardi 31 mars 2009

Workshop : Vivre + Ressentir + Penser

« Au détour d'un regard » asbl et « Dialogism » vous proposent :

Vivre + Ressentir + Penser

Une rencontre homme – cheval unique et inoubliable dans un cadre sécurisé par une experte en équi-coaching , suivie d'une réflexion approfondie en groupe, guidée par un philosophe du language, selon la méthode socratique.

Un parcours d'un WE :

Ressenti individuel
V
Contact entre espèces
V
N-verbal inter-personnel
V
Echange verbal
V
Pensée universelle

Où ? Au manège La Licorne Noire à St. Médard ( Bertrix) à 150km de Bruxelles.
Quand ? Les 9 et 10 mai 2009 du samedi à 13 h.00 au dimanche vers 17 h.00.
Pour qui ? Coaches, Psychologues, Managers, Formateurs. (10 personnes maximum).

Votre Budget : 240 € HTVA. ( 264, 90 € TVA inclue.)
Compris : les ateliers, l' hébergement au manège (confort : style auberge de jeunesse),
le petit déjeuner et le lunch du dimanche.
Non compris: logement à l'hôtel ou en gîtes, repas au restaurant samedi soir.

Politique de prix :
Tarif dégressif en fonction du moment de l'inscription :
Réduction de 10 % pour toute inscription payée avant le 6 avril. ( 216 € HT, soit 238,40 € TVA incl. )
Réduction de 15 % pour toute inscription payée avant le 31 mars. (204 € HT, soit 225,20 € TVA incl.)

En cas d'annulation après le 1er mai, pas de remboursement : un bon à valoir sur le prochain atelier organisé. Annulation après le 1er avril 50 % remboursé ( + bon à valoir de 50 %)

Renseignements complémentaires :

Equi-coaching : Jessica Delsaux 0477 782958
Philo : Lucie Antoniol 0495 406994


Inscriptions auprès de Dialogism:

lucie.antoniol@gmail.com
Lucie Antoniol,
Philosophe consultante.
rue de la gare 9,
6960 Dochamps
Tel : 084 45 77 53

jeudi 8 janvier 2009

Un extrait de mon ouvrage "Lire Ryle" paru chez DeBoeck, il y a quinze ans:

Le scepticisme de Ryle semble finalement avoir pris le dessus quand il déclare qu'en somme, l'opportunisme méthodologique est la seule bonne "methode philosophique".

" Pour apprendre aux étudiants à philosopher, on ne peut rien faire de plus que philosopher avec eux. L'idée d'un philosophe ou d'un poète bien entrainé comporte, pourtant quelque chose de risible. Il n'existe pour ainsi dire aucune technique indiquée pour philosopher ni pour composer. ... Parce qu'être un bon philosophe ou un bon poète, c'est s'avancer en dehors des sentiers battus. La philosophie et la poésie ne s'apprennnent pas dans les manuels : elles s'apprennent par la pratique, elles requièrent des stimulations, un dur labeur et du flair." Gilbert Ryle, Thinking,1953.

Une telle philosophie, sans thèse, sans argument ni méthode propres et indispensables, est en effet une philosophie du doigté. Le philosophe-artiste de Gilbert Ryle doit sentir le danger sous l'utilité de toutes les dichotomies, voir venir le moment où les débats se transforment en dialogues de sourds, et subodorer les détours de pensée où l'absurdité le guette. D'où l'importance énorme du sens de l'humour et d'une certaine auto-dérision dans la métaphilosophie rylienne : l'ouvrage du philosophe reste essentiellement inachevé, imparfait. Car la philosophie elle-même n'a pas de fin.

Le journal de Lou Schibronsky

Vous vous demandez peut-être ce qu'est devenu le journal intime de 1987 de Lou Schibronsky. C'est pour sa publication tout au long de l'année 2007 que ce blog avait été créé, après tout. Et puis 2007 s'est terminé, 2008 a continué, et nous voilà à l'an 2000-neuf. Et bien, je vous dois bien une explication. La voici : le journal de Lou s'est arrêté au seuil de son voyage en Italie en septembre 1997, avec son Carnet Florentin. C'est à Florence, en effet, que Lou rencontre Max Schibronsky, celui qui lui donnera son nom. Avant cela, elle s'appelait Lou Salomé-Brooksowicz. Un nom un peu trop lourd en connotations culturelles diverses et (a)variées. Alors elle a préféré le changer en Lou Schibronsky lorsqu'elle a fait la rencontre décisive, pour elle, de celui qu'elle appelera "Ma souris", dans un texte poétique inspiré d'un poème d'André Breton.

Et si vous voulez lire tout cela.... il vous faudra probablement attendre la publication sous forme de roman de cette aventure. A moins que vous ne réagissiez à ce blog avec moulte expressions d'indignation et me demandiez de vous laisser lire un peu plus des journaux et des textes de Lou Schibronsky. Elle n'est plus là pour m'en interdire la publication.

Lou Schibronsky est heureuse, avec les anges dans le ciel. Lulu in the sky with diamonds.
Elle est dans les diamants et les perles, dans les bijoux : elle a pris de bonnes résolutions. Elle ne jette plus ses perles aux cochons. Elle est devenue une Schibronsky et comme Max Schibronsky ( Max Schibronsky ist überall ) elle est partout.

Elle m'a tout de même laissé, avec ses textes poétiques, tout ses journaux intimes, dans la salle d'étude que nous partagions. Alors si vous voulez en savoir plus, faites moi signe, s'il vous plait. En attendant, je vous laisse le petit message qui accompagnait le Diario et les écrits divers dont j'ai hérité, lorsque Lou Schibronsky a disparu:

" Je suis l'ombre d'une étoile qui brille dans les ténèbres.
Mon parfum se reflète dans l'océan de tendresse, mer des caresses.
Je fais l'amour avec le soleil.
Mes yeux dessinent des étincelles dans le ciel.
Lentement, mes paupières se referment.
Mes cils sont verts, des rayons enlacés de laser.
Mon âme se désintègre.
Je suis une femme,
J'attends."

Lou ( Juillet 1981)

jeudi 27 novembre 2008

Le Dialogue Socratique

"La méthode Socratique n'est pas l'art d'enseigner la philosophie, mais celui d'apprendre à philosopher, ce n'est pas pas l'art d'enseigner les philosophes, mais celui de transformer les apprenants en philosophes."


Leonard Nelson (1882 - 1927)

mardi 14 octobre 2008

Le coaching des créateurs d'entreprise

Au delà des nombreux conseils techniques offerts aujourd'hui aux créateurs d'entreprises et jeunes entrepreneurs, il est ici question de les accompagner dans leurs difficultés. Leur relation au temps, à l'argent, aux autres - clients, fournisseurs, collaborateurs, proches, famille et amis- peut être problématique et source de perte d'énergie. L'équilibre entre les pôles existentiel est souvent le gage de la pérennité de leur projet. C'est dans cette perspective de clarification et d'équilibre que nous leur proposons une guidance adaptée et intégrative.

Renaud Vallée, www.metamorph-oz.com

mercredi 16 janvier 2008

Diario Freddo - Mercredi 10 septembre 1985

Une lettre de Hannah à Ludwig Grüne

Depuis que je t'ai rencontré, j'ai retrouvé le goût d'écrire. La nécessité douloureuse et le plaisir d'écrire. Je passe les nuits que je ne te donne pas avec des feuilles et des crayons. C'est inoui ce que la chasteté de notre relation me donne de fantasmes que je transforme en matière, en énergie pour l'écriture. Le deuil de cet amour me donne mes plus belles pages.
Tu m'inspires. Alors sache que cela ne m'avance à rien d'être un papillon de plus que tu puisses épingler dans ta collection.
Ce n'est pas parce que ton sexe ne m'intéresse pas que ta personne ne m'intéresse pas. je t'aime! Ce que j'aime en toi, c'est qu'aucune personne ne pourrait te mettre en cage. Tu es libre. Tu m'échappes. Tu me débordes de partout.
Pardonnes-moi si cela te fait de la peine : faire l'amour avec toi n'aurait pour moi que très peu d'importance, alors qu'avec une femme, la sensualité est le centre de notre relation autour duquel toute l'affection se cristallise. Avec une femme, la sexualité n'a pas de limite : croquer une pomme, c'est faire l'amour, s'écrire, c'est se faire l'amour, un regard, un sourire est une caresse, peindre est un rituel amoureux. Quand je pose pour elle, je suis à elle.
Je crains que pour toi, Ludwig, l'acte sexuel ne soit d'une importance particulière. et tu as raison. Peut-être que c'est comme ça qu'on aime quand on est un homme.
Et je suis sûre que tu es un bon amant. Je veux seulement te dire que pour moi tout cela est très marginal. Ce n'est pas le sexe qui me plaît en toi. Même si quand tu dors à côté de moi, je ne peux pas m'empêcher l'une ou l'autre caresse. Mes plus chers souvenirs sont ceux de nos bavardages.
Et pourtant, tu as probablement raison. Ce serait une lâcheté de ne pas assumer le désir que l'on suscite et de ne pas partager son plaisir avec l'autre. Je sais combien ce que je te demande est pervers. Si je suis une allumeuse, alors je suis aussi une vestale.

Bien à toi,

Hannah

Diario Freddo - Lundi 9 septembre 1985

Guide du parfait petit onironaute.


Règle 1 : Ne jamais conduire un rêve jusqu'à sa fin.
Règle 2 : Les onironautes papa et maman sont tenus de passer le brevet de conteurs d'histoire auprès des onironautes bébés.
Règle 3 : Ne rien prendre au sérieux, mais ne se moquer de rien.
Règle 4 : Ne rien placer ni trop haut ni trop bas. Ni plus haut ni plus bas que soi.
Règle 5 : Il est dangereux de pratiquer la navigation onirique en solitaire. Seuls les onironautes exercés s'y hasarderont. Un onironaute seul risque de tomber en perte de vitesse.
Règle 6 : Se méfier des règles 1 à 6.

Diario Freddo - Dimanche 8 septembre1985

Manifeste des onironautes masqués.


Soudain, tout s'est mis en place comme les pièces d'un puzzle que l'on détruit, quand on se repasse le film à l'envers.
Toutes les bribes de texte et les ébauche de phrase que j'ai pu écrire, recevoir ou lire ont trouvé leur place. Et une image est apparue.
Puisque mes épaules ne sont pas assez larges pour supporter le poids d'une oeuvre littéraire de longue haleine, élaborée dans la solitude qui sied à un génie romantique, j'ai compris qu'il fallait impérieusement m'inscrire dans l'aire du Verseau, signe d'air et donc d'inspiration. Il fallait donc soutenir ce projet en commun. L'idée a germer d'une vaste conspiration d'onironautes masqués, libellée "Lou Schibronsky Verlag".

Est amené à y entrer tout ce qui touche de près ou de loin à la créativité : textes, poèmes, dessins, lettres, musique, images. il n'y aura pas de noms d'auteurs, mais un générique de fin comme dans les films. C'est une entreprise commerciale , publicitaire et onirique. un futur best-seller. Sponsorisé par une marque de choucroute, si nécessaire.

La caractéristique la plus créative est que tout écrit (au sens large de tout ce qui fait trace) est susceptible d'en faire partie. Même le présent manifeste.

Le livre contient son histoire, son rêve, sa préparation et son interprétation. les textes s'engendrent l'un l'autre dans une spirale infinie. Et peu importe le niveau de langage : méta-langage ou langage-objet, ils le sont tous tour à tour. Sans pour autant verser dans l'anarchie, ou l'absence de sens. le sens reste précis : c'est la sarabande infinie de la boucle, de la spirale qui ressurgit de son fond pour rejoindre son point de départ. Ce texte pourrait être de Ludwig Grüne.

jeudi 27 décembre 2007

Diario Freddo - Mardi 3 septembre 1985

Journal de Ludwig Grüne, par Lou Schibronsky
J'ai passé pour la première fois toute une nuit avec Hannah. Quelle douleur! Je me suis endormi facilement - si je peux dire endormi - je me suis saoulé au vin blanc. L'alcool me rend moins sensible. Le réveil au petit matin fut plus dur!

Je ne peux écarter de mon esprit le désir qui m'assaille. Avec elle désir et inhibition du désir : un impératif de respect. Mais j'ai horreur de ces lits où il ne se passe rien. Elle le sait. elle n'aime que les câlins romantiques et l'amour purement cérébral. Mon corps se met à trembler. Je cache mon visage sous ses oreillers de satin bleu pour qu'elle ne voit pas mes pensées lascives. Je me demande si je vais craquer. Lui imposer mon désir. La prendre de force. Et je déborde de tristesse à cause de ces limites que nous ne pourrons pas franchir. Je ne trouve pas de mots. Si j'étais capable de mieux me contrôler, nous pourrions même être plus intimes, mais il me faut tout ou rien. Sa tête sur mon épaule ou la chaleur de son corps contre mon dos. Excuse-moi, mais c'est déjà trop.

Hannah se lève et s'enfuit dans la salle de bain. Elle dis qu'elle n'a jamais si bien dormi.
Dormir! Je n'ai pas à subir la honte d'un refus, le genre de chose qui me met la mort dans l'âme, puisque je ne te demandes rien. Mais ce refus s'est posé depuis toujours, dès le départ, entre nous. Il me reste quand même des doutes. Est-ce que vraiment nous ne serons jamais amants? La frustration vaut-elle mieux qu'une mutuelle déception?

Comprends moi, Hannah, je suis un homme qui aime les femmes et quels que soient tes goûts et tes choix en matière de sexualité, tu restes une femme, pour moi. Quand j'aime une femme, je la désire comme un homme désire une femme. Je voudrais te faire tout ce qu'il est physiquement possible de faire. Et que tu me donnes en échange toutes les caresses que tu réserves aux amantes dont tu rêves.

Oui, moi je rêve encore de cette nuit de noce mythique : blanche jusqu'à la transparence.
Notre nuit, cette nuit n'a pas été blanche et tu n'oses croiser mon regard lourd de désir et triste d'une chasteté tout ce qu'il y a de plus forcée. Une interdiction stricte que je m'impose dans la douleur. Puisque tu sais bien que je ne peux pas me permettre de mi-chemin.
Je n'aurais jamais du rester dormir chez toi.....

La solitude pourtant, l'isolement sont encore plus insupportables. c'est pourquoi je ne peux que souffrir la douleur de dormir dans tes draps, dans les bras d'un être tel que toi.

"Le besoin est humain", consens-tu à me dire. Je ne peux même pas plaider le besoin.
Une petite amie, j'en ai déjà une. Je ne peux plaider que ma nature ardente, totale, insatiable.

De part le respect que je te porte, ce n'est qu'avec toi que je peux comprendre ce que veulent dire les mots culpabilité et pêché, en matière de sexe. Et juste pour une seule fois, la première et la dernière fois, me reprocher d'être né homme et de ne pouvoir même pas, par quel subterfuge, par quel filtre magique, te donner l'illusion que je suis une femme. Juste pour un soir.

Rêverai-je encore de cette nuit mythique? Quelque part, je dois te détester. Être en colère contre toi. S'il pouvait au moins y avoir entre nous la jouissance de la violence. Il doit y avoir un roman pour les sentiments qui nous lient.

Je ne peux pas vivre sans toi. Console-moi d'être avec toi, sans pourvoir te faire mienne. Blessures dans la recherche d'un mit-sein taillé à notre démesure.


Ludwig Grüne

Diario Freddo - Lundi 2 septembre 1985

Trouver un ton et un style qui soit propre à mon mode d'expression.
Tendance à écrire au coup par coup. Courtes nouvelles. La longueur maximum correspond à celle que je peux atteindre en un seul jour, en une après-midi. je ne peux écrire que d'un seul souffle. comment tenir ce rythme syncopé dans un ouvrage de longue haleine sans qu'il soit décousu?
Peut-être en lui donnant une structure arborescente et en accrochant chaque jour une feuille à ses branches?
Décousu - recousu - même un patchwork peut former un dessin, un ensemble harmonieux, un tout ayant son existence propre. Le principe du puzzle?

Diario Freddo - Dimanche 31 août 1985

Notes de lecture :
Le fusil de chasse de Inoue
comme une estampe japonaise en miniature.

La confession impudique de Tanizaki
Il faut que je l'achète, c'est un must have.


+ trouver une photo du réalisateur de Dim Sum
un américain d'origine chinoise qui s'appelle Wayne Wang.

autre film :
Je suis allée voir avec Lo et Carmen Another country
de qui encore? avec Rupert Evret dans le rôle principal.
Je suis restée loger chez Lo dans le petit appart où il avait fait sa tentative de suicide.
Grandes fenêtres sans rideau. Le clair de ville dans la chambre toute la nuit.
Lo a bien dormi et moi j'ai veillé. Je l'ai regardé, écouté et senti dormir et rêver de Rupert Evret.
Et moi, Lou Schibronsky, j'ai tansformé ma frustration en fiction.