La pensée ne se développe bien qu’en public : au contact et à l’épreuve de l’intersubjectivité.
La pratique du dialogue socratique est donc un instrument idéal pour souder une équipe, ou pour améliorer l’efficacité et l’utilité des réunions.
Reflets du coaching socratique et de la consultance philosophique par le dialogue - Ecriture de création
Si, quelquefois.
Nous viendrions par le même train, mais sans nous être rencontrés. Je serais avec un ami, monté à la même gare que moi. Un de ces vieux copains précieux qui m'aimerait avec tendresse, que j'aimerais avec la tendresse d'une soeur, faute de ne pouvoir le posséder un peu plus. Nous aurions parlé de choses et d'autres pendant le trajet, et il m'aurait vue passer de l'inquiétude à l'énervement, de l'énervement à l'excitation, à moins qu'il n'ait réussi à me distraire complètement en m'entretenant d'un problème grave. Mais ainsi, je serais au moins aussi énervée, alors que le train s'arrêterait et que je devrais débarquer sans m'être préparée à une nouvelle rencontre avec toi. Une irruption dans nos vies.
Mon ami se douterait que quelque chose serait en train de lui échapper, mais il ne s'attendrait à rien de précis. Il me verrait scruter les quais, dévisager les voyageurs: « Haben Sie ihn gesehen? ». Et au moment où ne te reconnaissant pas dans la foule, je renoncerais à comprendre, où je me résignerais à suivre le mouvement de la foule vers la sortie, une main toucherait mon épaule et un petit rire accueillerait mon visage surpris: tu m'aurais trouvée le premier.
Ma surprise ferait place à une joie sans mélange. Et mon ami pourrait voir un petit bout de femme quitter le sol, sauter au cou d'un géant, avec un long cri de guerre. Il se demanderait un instant s'il était le témoin d'une agression ou bien de retrouvailles un peu vives. Comment pourrait-il savoir que ce serait pour moi comme une rencontre improvisée avec celui qui m'aurait une fois sauvé la vie?
La conscience du lieu et du moment me reviendrait tout à coup à l'esprit et me ferait rougir de honte, ce qui ajouterait un charme nouveau à mon visage d'habitude trop pâle. Je procèderais enfin aux inévitables présentations et nous sortirions tous les trois de la gare en babillant.
« Fidelity to what? Loyalty to whom? ». Connaissant ma situation de femme mariée, mère de deux enfants, et mes sentiments passionnés pour leur père, mon ami se demanderait quelle attitude adopter. Il serait partagé entre une désapprobation morale, jouant à son insu, sur une gamme mineure, le rôle du mari, et une admiration muette pour mon audace et pour mon imprévisibilité. Me dirait-il encore que chacune de nos rencontres est pour lui une surprise renouvelée? Je lui glisserais quelques regards enjoués de petite soeur espiègle et ravie. Et entre temps, tu aurais pris ma main avec la discrétion qui est la tienne.
Nous serions en route pour une soirée d'anciens copains, organisée par une amie qui nous accueillerait avec son sourire de concierge, sans oublier de s'enquérir des éternels mêmes. « Et comment vont Monsieur... et les enfants...? »
La fête serait fade et conventionnelle. J'aurais gardé cette innocente candeur qui me ferait considérer comme naturel ce qu'ils considèreraient comme un curieux anticonformisme. Et en retour, nous nous étonnerions de les voir si longtemps vivre sous l'eau, dans un étrange oubli de l'air. J'aimerais toujours pour ma part laisser flotter mes cheveux et mes pensées. Et dans mes jupes, chaque rafale de vent serait comme autant de caresses sur mes jambes.
Nous serions dans une villa au bord de la mer, en Belgique. Et contrairement à tout ce qu'ils imagineraient – tragédie ou vaudeville – il ne se passerait rien du tout entre toi et moi. Les yeux suffiraient aux yeux et aucun geste ne serait donné en pâture à leurs regards.
Lou Schibronsky
Le lit.
Une deux chevaux verte roule à tombeau ouvert en direction de l’hôpital de la citadelle.
La chambre sombre, aux fenêtres closes a déjà pris un aspect funèbre. Fabienne est malade, alitée depuis des mois, elle n’en a plus pour longtemps. Elle le sait.
Elle n’est pas sereine. Elle ne mourra pas dignement. Elle se plaint. Elle n’écoute pas ceux qui viennent la voir, tristes de cette séparation imminente. Elle est puérile, égocentrique. Elle leur reproche d’être en bonne santé. Parfois, elle innonde les sourires timides de ses visiteurs d’une pluie d’injures. Elle ne décolère pas de se voir réduite à l’état de chiffon douloureux, d’être vue avec ce visage dévasté, sous cette perruque ridicule : elle a perdu tout ses cheveux.
Elle est trop jeune pour mourir. « Ca n’arrive qu’aux autres, ça ne devait pas m’arriver ! » Questionnant la maladie : « Pourquoi moi et pas les autres ? ». Questionnant le bonheur : « Pourquoi les autres et pas moi ? ». Elle s’acharne à ne pas accepter cette mort trop prochaine. C’est contre elle qu’elle se bat. C’est elle qu’elle chasse de sa chambre, lorsqu’elle refuse les visites.
Pierre Abbé, son mari, vient la voir tous les jours. Il est le seul qui reste là, même quand elle renvoie tout le monde, quand elle pleure longuement, quand elle se cache sous les draps, quand elle refuse de se laisser consoler, quand elle repousse ses caresses. Elle lui reproche d’être toujours là, d’être si fidèle, de faire semblant de la trouver belle, encore. Elle voudrait que toutes les femmes meurent avec elle pour qu’il ne puisse jamais l’oublier. Elle lui reproche ne n’avoir pas voulu d’enfant qui lui aurait fait penser à elle.
Il se tait. Il sait qu’il l’aime encore. Que quelque chose d’important se passe. Qu’il ne faut pas parler à tort et à travers. Il l’aime au delà des mots, des promesses, des serments, des injures et des querelles d’amoureux. Il se tait toujours. Depuis qu’il sait qu’elle va mourir, il se tait. Il n’a plus le goût de parler. Il voudrait seulement s’asseoir près d’elle, la caresser, la regarder dans les yeux et, avec tout ce qu’il lui reste de tendresse, prononcer ces trois mots : « Adieu, mon amour ». Et qu’ils se donnent la main au moment où elle fermerait les yeux, où elle laisserait échapper un dernier soupir, où elle entrerait dans un repos éternel.
Elle s’agite sans arrêt, elle souffre, elle geint, elle lance des regards furieux de tous côtés. Elle ne parle plus que pour lancer ses flèches. « Tu n’es pas rasé ! Tes cheveux sont sales ! » Il voudrait répondre : « Mon amour, tu vas mourir et tu t’intéresses à mes cheveux ! Nous allons être séparés pour toujours et tu ne crois pas encore en moi ! », mais il n’ose pas. Elle n’écouterait pas. Il se sent comme muselé. Elle a muselé, fisselé, ligoté sa passion. Elle veut dévorer leur amour jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Elle veut tout détruire avant de sortir de scène. Elle voudrait que le monde s’arrête, quand le monde sera fini pour elle.
Au moins, au début, avant, ils se parlaient encore. Elle lisait. Elle faisait des mots croisés. - « Adepte de l’Islam, en huit lettres. On dit musulman ou mahométan ? »
- « En huit lettres ? alors, c’est musulman. »
Maintenant, elle n’arrête plus de l’injurier. Il ne compte plus les outrages. Un jour, c’est son pull marin, blanc à raies blues, qu’elle ne veut plus voir : il lui rapelle la mer. Un autre jour, elle veut qu’il jette toutes les fleurs : elle lui font penser au jardin, à la campagne. Elle est capricieuse. Elle est révoltée.
Il souhaiterait qu’elle s’éteigne paisiblement, en adulte : qu’elle voie cette mort comme le terme de ses souffrances. Et cependant, il n’est pas étonné de l’entendre hurler comme un nouveau-né. Elle n’a pas aimé la vie, elle n’aimera pas la mort non plus. Elle meurt en colère, comme si elle chiffonnait le papier d’un dessin raté et le jettait par terre. Elle meurt en hurlant, en pleurant, en gémissant, en se taisant pour toujours.
Pierre a attendu en vain des paroles de réconciliation, un aveu d’amour qui les aiderait à vaincre le moment de la fin, un dernier adieu. Le cauchemar de sa femme se termine. Le sien ne fait que commencer. Il est seul. Après un moment de flottement, d’indécision , il quitte la chambre. Pierre Abbé est compositeur dans une imprimerie. C’est lui qui compose les lignes et les pages de caractères. Voilà une page termnée.
Bientôt, il devra se lever à six heures. Aller travailler. Continuer. Seul.
Lou Schibronsky
Liège, le 11 novembre 1985
"An idea does not live in one person's isolated individual consciousness - if it remains there it degenerates and dies. An idea begins to live, i.e. to take shape, to develop, to find and renew its verbal expression, and to give birth to new ideas only when it enters into genuine dialogical relationships with other, foreign, ideas."
Mikhail Bakhtin
"Dis le moi et je l'oublierai,
Montre moi et je m'en souviendrai,
Laisse-moi faire et en faire l'expérience,
et je comprendrai."
Confucius
Ne vous demandez pas ce dont le monde a besoin.Demandez-vous ce qui vous éveille à la vie, et puis allez faire cela. Parce que ce dont le monde a besoin, c'est de gens qui se sont éveillés à la vie.
Howard Thurmon
"Aucune philosophie, aucune analyse, aucun aphorisme, aussi profonds qu'ils soient ne peuvent se comparer en intensité, en plénitude de sens, avec une histoire bien racontée."
Hannah Arendt
Dialogism est un service de « life coaching » créer par Lucie Antoniol, docteur en philosophie, formée aux techniques de coaching par « Coaching Ways ». Le coaching socratique est fondé sur la connaissance de soi et la prise de conscience par le questionnement de ce que l’on sait, de nos savoir-faire et de notre manière d’être. Un coach socratique est un accoucheur d’idées. Il vous aide à vous réaliser pleinement.
Vous subissez un changement ou vous désirez un changement dans votre vie ?
Dialogism vous aide à créer du nouveau, à éveiller vos talents cachés, à développer de nouvelles capacités et à actualiser votre potentiel, afin d’opérer ce changement en douceur.
Comment ? En vous posant les bonnes questions, votre coach vous stimule, vous provoque et vous confronte à vous certitudes. Ensuite, en vous proposant des tâches sur mesures à réaliser entre les séances de coaching, Dialogism vous aide à acquérir et à consolider de nouvelles habitudes. Votre coach vous soutient également à affronter et à gérer les résistances au changement, qu’elles viennent de vos freins personnels ou de votre entourage.
Le coaching est orienté vers l’avenir proche, vers l’élargissement des choix possibles, vers la réalisation de projets, vers des changements efficaces et durables.
La devise de Dialogism, c’est « Vivez votre rêve au lieu de rêver votre vie ! »
Contactez moi sur lucie.antoniol@gmail.com
Socrate, le philosophe de l'antiquité, n'écrivait pas de livres, pas de traités savants: il savait qu'il ne savait rien. Pourtant, il avait un savoir-faire précieux. Il posait les bonnes questions au bon moment, à la personne juste. Tout comme les sages-femmes auxquelles il aimait se comparer, il aidait les gens à accoucher de leurs idées.
Dialogism s'efforce de travailler dans cette tradition de pensée et d'action sociale. Tout comme une visite chez votre coiffeur ou votre esthéticienne peut vous raffraichir la tête et vous illuminer le visage, un dialogue prolongé avec votre life coach socratique peut vous raffermir les idées et vous remettre des étincelles dans le regard.
Un entretien chez Dialogism, semblable à celui auquel même votre voiture n'échappe pas chaque année, c'est l'occasion de faire le point sur les principes fondamentaux sur lesquels vous avez contruit votre vie et autour desquels elle fonctionne. Pour faire cet entretien, il vous faut être accompagné d'une personne hautement qualifiée, habilitée à structurer ce type d'exercice, et à faciliter cette démarche de réflexion.
Lucie Antoniol est docteur en philosophie de l'Université de Stirling, Ecosse, (1999). Dialogism a été créé en l'année 2000.
"Les dieux tissent des malheurs pour les hommes afin qu'ils aient quelque chose à chanter."
Jacques Bertin, artiste québecois.
"Car en vérité, rêver, c'est le suicide que se permettent les gens bien élevés."
Karen Blixen, écrivain danois.
"C'est en écrivant qu'on devient écriveron" disait Queneau, c'est en lisant, sans doute qu'on devient liseron, mais il est évident que seuls les liserons font les écriverons. Si vous passez tout votre temps à écrire, quand lirez-vous?
Paul Forunel, "Le second métier", in Ecrire Aujourd'hui, revue Autrement, 69, avril 1985, p.107.
Some people aim at nothing in life,
and hit it with perfect accuracy!
An aim is a dream with a deadline.
"Les enfants commencent par aimer leurs parents ; en grandissant, ils se mettent à les juger - parfois ils leurs pardonnent. "
Oscar Wilde, Aphorismes.
"Une vie réussie n'est pas une somme de consommations, c'est une vie où l'on a pu contempler, réfléchir, admirer, transmettre. Ce sont des biens invisibles, non quantifiables, non économiques qui font la valeur d'une vie. Et, au fond, tout le monde le sait."
Eric-Emmanuel Schmitt
"I worked a lot. Whoever works this much will be able to do what I did." J.-S. Bach
"An idea does not live in one person's isolated individual consciousness - if it remains there it degenerates and dies. An idea begins to live, i.e. to take shape, to develop, to find and renew its verbal expression, and to give birth to new ideas only when it enters into genuine dialogical relationships with other, foreign, ideas." Mikhail Bakhtin
"Cheminant, il n'y a pas de chemin. Le chemin se fait en cheminant." Pablo Neruda
"Depuis que la culture n'est plus un culte, pour devenir un objet de culte, elle devient un déchet." Thomas Mann
"Only the educated are free." Epictetus
" The unexamined life is not worth living." Socrates
"Un homme a autant de "soi-sociaux" qu'il a de groupes distincts de personnes dont l'opinion lui importe." William James
"Dis le moi et je l'oublierai, Montre moi et je m'en souviendrai, Laisse-moi faire et en faire l'expérience, et je comprendrai." Confucius
Dialogism pratique une forme de dialogue dans lequel des techniques de coaching et des points de vue philosophiques vous aident à porter un regard critique sur votre vie, à améliorer vos relations avec vos proches et à mener ce que Socrate appelait "une vie réfléchie".
Socrate, le philosophe de l'antiquité, n'écrivait pas de livres : il ne savait qu'une chose, c'est qu'il ne savait rien. Mais il avait un savoir-faire précieux : il savait poser les bonnes questions au bon moment. Comme les sages-femmes, auxquelles il aimait se comparer, il aidait les personnes à accoucher de leurs idées.
Dialogism travaille dans cette traditions de pensée. Les questions de votre coach vous amènent à une appréciation redynamisée de vos propres points de vues. Tout comme une visite chez votre coiffeur ou chez votre esthéticienne peut vous raffraîchir la tête et vous illuminer le visage, un entretien avec un life coach peut vous raffraîchir les idées et ajouter des étincelles dans votre regard.
Cette forme de dialogue vous offre l'occasion rare, mais précieuses, de faire le point sur les fondements de votre vie de façon constructive et en compagnie d'une personne qualifiée et habilitée à faciliter une telle démarche de réflexion.
Pour un entretien préliminaire, n'hésitez pas à prendre contact avec Dialogism: lucie.antoniol@gmail.com